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Portrait de partenaire (7) : les maîtres-verriers de Passion Vitrail
Les deux font la paire. De sa voix qui porte, Serge détaille les secrets de la fabrication, de la coloration et de l’assemblage du verre. De ses mains patientes, Frédérique guide les gestes d’apprentis vitraillistes de tous âges. Car, longtemps réservés aux enfants, leur atelier s’ouvre désormais aux adultes en séminaires à l’abbaye. A leur tour, ils vont pouvoir réaliser leur propre vitrail en choisissant, coupant puis soudant entre elles d’étincelantes pièces de verre coloré.
Affichant à eux deux un demi-siècle de métier, les maîtres verriers se réjouissent de ce prolongement de leur collaboration avec l’abbaye de Royaumont, un lieu que Serge décrit comme « propice à la création ». « « On y reçoit les gens dans la salle des ateliers et il leur suffit de lever la tête pour voir un exemple de vitrail » explique-t-il. « En fait, la date de la fondation de l’abbaye correspond à l’âge d’or du vitrail en France. Les douzième et treizième siècles sont gothiques. Très exactement, le gothique naît en 1144, quand est édifiée l’abbatiale de Saint-Denis par l’abbé Suger. Les ouvertures s’agrandissent, on laisse entrer la lumière. Cent ans plus tard, le chef d’œuvre de ce mouvement est une commande de Louis IX, qui est d’ailleurs le fondateur de Royaumont : il a fait construire la Sainte-Chapelle de Paris, la plus belle vitrine du vitrail dans le monde. »
Si ce rayonnant Moyen-Âge peut sembler lointain à certains, l’apprentissage proposé par Serge et Frédérique est des plus concrets. Il s’agit après tout de manier un coupe verre et un fer à souder. Comme des enfants, les adultes quittent la salle des ateliers avec leur vitrail sous le bras, satisfaits et – en quelque sorte – enrichis. « En sortant, les gens ont une vision totalement différente du vitrail », assure Serge. « C’est très important pour eux, parce que, lorsqu’ils visitent ensuite un château ou une église (et il faut savoir que la France possède la moitié des vitraux historiques de la planète), ils se sentent plus proches de ce patrimoine. Eux aussi ont coupé et soudé. Cela amène tout de suite un autre rapport ».
Deux heures d’atelier suffisent parfois à avancer vers la lumière, à approcher son éternité…
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